Laisser l'IA te poser des questions avant de répondre
Quand tu ne sais pas quoi préciser, inverse les rôles : le prompt qui fait interviewer l'IA, ses réglages, et comment sortir d'un interrogatoire sans fin.
Une présidente d'association de quartier doit organiser la brocante de septembre. Elle ouvre une IA et écrit : « Aide-moi à organiser notre brocante. » Elle reçoit un plan en douze étapes, parfaitement générique : définir le budget, choisir une date, communiquer. Elle le connaissait déjà. L'IA ne savait ni combien d'exposants elle espérait, ni si la mairie avait déjà donné l'autorisation, ni qui serait là pour tenir la buvette.
Quand tu ne sais pas quoi préciser, le plus simple est de retourner la situation : au lieu de deviner ce qu'il faut dire, tu laisses l'IA te poser les questions.
Le prompt de base
Je dois organiser la brocante annuelle de mon association de quartier. Avant de me proposer quoi que ce soit, pose-moi les questions dont tu as besoin pour que ton plan soit adapté à ma situation. Pose-les une par une, en attendant ma réponse entre chacune. Cinq questions au maximum. Quand tu as assez d'éléments, donne le plan et liste les hypothèses que tu as faites à ma place.
Trois détails comptent. « Une par une » évite le mur de dix questions auquel on répond à moitié. Le plafond de cinq empêche l'interrogatoire. Et la dernière phrase te montre ce que l'IA a supposé faute de réponse, ce qui est souvent aussi instructif que le plan lui-même.
Les variantes qui servent
Proposer une réponse par défaut. Si répondre te fatigue, ajoute : « Pour chaque question, propose ta réponse la plus probable que je n'aurai qu'à confirmer. » Tu réponds « oui » ou tu corriges.
Sauter ce que tu as déjà dit. Quand tu as collé un texte ou un descriptif avant, précise : « Ne pose pas de question dont la réponse figure déjà ci-dessus. » Sans cette phrase, les IA redemandent parfois ce que tu viens d'écrire.
Demander uniquement les questions. Parfois tu préfères répondre à ton rythme, dans un document. « Ne rédige rien. Donne-moi seulement la liste des questions à me poser, classées de la plus importante à la moins importante. » Tu y réponds hors de la conversation, puis tu colles le tout.
Arrêter sur ton signal. « Continue à poser des questions jusqu'à ce que je dise "assez". » Pratique pour un projet flou, à condition de ne pas oublier de le dire.
Quand ça tourne mal
L'IA pose des questions trop évidentes (« quel est votre budget ? ») ou trop nombreuses : reprends en la cadrant, « pose seulement les questions qui changeraient vraiment ton plan, pas celles dont la réponse est évidente ».
Tu ne sais pas répondre à l'une d'elles. C'est une information précieuse. Réponds « je ne sais pas, choisis ce qui est le plus courant et dis-moi que c'était une hypothèse ». Si l'IA fait un choix, relis-le, car c'est toi qui seras responsable du plan.
L'IA enchaîne les questions sans jamais conclure. Écris « tu as assez d'éléments, passe à la réponse ». Fixer un maximum dès le départ évite ce cas.
Ce que ça t'apprend
Les questions posées forment une liste de ce qu'une IA a besoin de savoir pour ta tâche. Note-les. La prochaine fois, tu les mettras directement dans ton prompt, et tu n'auras plus besoin de l'interview. C'est exactement ce que décrit l'article sur le contexte à donner à l'IA, mais appris sur ton propre cas.
Pour les tâches que tu refais souvent, garde la version finale dans tes modèles réutilisables avec les réponses sous forme de variables. La présidente de notre exemple s'en servira l'an prochain en changeant seulement la date.
À essayer
Choisis un projet dont tu as la tête pleine mais rien sur papier : un voyage, un déménagement, un événement. Colle le prompt de base en remplaçant la première ligne, réponds à cinq questions, puis lis les hypothèses de fin. Tu verras tout de suite ce qu'une demande en une ligne ne pouvait pas contenir.